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Photo de JF PAGA© Grasset

Alexandre Jardin, en plein dans la vie!

Il est l’un des auteurs de la langue française les plus lus.

Alexandre Jardin, qui a publié son premier succès — Bille en tête, à l’âge de 20 ans seulement — a sorti une vingtaine de romans et d’albums jeunesse. Il a également écrit pour le cinéma.

Ses thèmes de prédilection : l’amour, l’enfance et sa fantasque famille!

Faisant régulièrement parler de lui pour ses nombreux engagements citoyens, il est entre autres à l’origine de l’association « Lire et Faire Lire » (qui lutte contre l’échec scolaire).

Le Zèbre, Fanfan, L’île des gauchers… La lecture de ces quelques titres vient vous émoustiller? Pas étonnant!

C’est pendant la jeunesse que la plupart d’entre nous avons succombé aux irrésistibles « jardineries »… ces histoires exaltantes dans lesquelles ont aimait s’évader…

Qui n’a d’ailleurs jamais songé à laisser traîner Fanfan dans l’espoir que l’amoureux(se) du moment y pioche ses(nos?) plus secrets fantasmes?

Au travers de ses ouvrages, celui pour qui l’amour sage est indécent a l’art de provoquer son lecteur. Enthousiasme, poésie, démesure dans tout… Il faut dire qu’Alexandre Jardin, aussi fou que son succès, manie le thème de l’amour avec panache. Sa plume, légère et fougueuse va droit au cœur!

Alors? L’écrivain est-il aussi déraisonnable et passionné que ses héros? Sans doute! Mais le définir serait l’enfermer, lui qui déteste les limites…

J’ose néanmoins lui attribuer deux mots : « libre » et « vivant »!

Déjà, parce que c’est comme ça qu’il fonctionne et ensuite, parce que c’est ce qu’il désire transmettre aux autres : la liberté de « vivre plus »!

Et avec Double-cœur, Alexandre Jardin ne déroge pas à la règle.

En s’adaptant à l’époque et en injectant de la modernité à la littérature — grâce à une application numérique (Happn) qui permet aux lecteurs de se déclarer Double-cœur et de se géolocaliser un peu partout — il leur donne la possiblité de vivre comme dans son roman… et de rejoindre ainsi le peuple de l’amour fou!

Rencontre de bon matin avec l’écrivain. Son rire, unique et contagieux, ponctue presque toutes ses phrases et rend de bonne humeur pour la journée!

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Alexandre Jardin, vous étiez récemment l’invité d’honneur du Salon du Livre de Rimouski. Vous venez de sortir Double-cœur, dans lequel vous mêlez le numérique à la réalité. Un procédé plutôt audacieux?

L’idée est simplement de venir au cœur de la modernité. J’essaie de remettre la littérature au cœur de tout, car c’est elle qui nous rend vivants (sourire)!

« Remettre la passion au centre de la vie, consacrer du temps à l’amour…». C’est comme ça que vivent les « Double-cœurs ». Pourquoi avez-vous eu envie d’écrire ce livre?

Parce que c’est comme ça que le monde devrait fonctionner! La dernière phrase du livre est d’ailleurs Comment peut-on être autre chose qu’un Double-cœur?  Voilà, moi je ne comprends pas comment on peut s’occuper d’autre chose que de notre vie amoureuse! Je ne comprends pas!

Quand on parle de l’actualité, on parle de tout sauf de ça… Quand il y a des campagnes électorales, on ne demande jamais aux politiciens s’ils sont fous d’amour, par exemple! C’est une information pourtant centrale, non?

Parce que quand on est fou d’amour, on a quand même une énergie sublime et une confiance inouïe dans la vie (rires)!

Mais tout ça est absent de la société… c’est réservé uniquement à la littérature…

Alors que personne n’a envie d’une vie amoureuse routinière!

Et je me suis dit, en écrivant Double-cœur, que je voulais aller au bout de la logique…

Depuis la parution du livre, vous recevez énormément de messages de vos lecteurs qui vous racontent leurs histoires.

Vous vous y attendiez, à tous ces gens inscrits sur l’application, qui se rencontrent dans les librairies, ou à ces couples qui commencent à vivre comme dans le livre? À ce que « la sauce prenne », en fait?

Je l’espérais! Mais de là à ce que ça arrive (sourire)… Quand on écrit un livre, au départ déjà, on se demande s’il va être lu. On n’en sait rien parce qu’il y a tellement de paramètres qui entrent en jeu…

Mais il se trouve que ça marche, oui. La capacité romanesque des gens est folle! Les gens échangent leurs idées amoureuses, nourrissent leur passion et les histoires sont très belles (sourire)…

Votre père, Pascal Jardin, voyait l’amour de cette façon-là…

Oui, et moi j’ai été élevé de cette façon-là.

Vous avez envie de leur dire quoi, à tous ces gens « tièdes », en manque de folie, pour les inciter à vivre une vie de « Double-cœur ».

Mais commencez tout de suite (rires)! Par de petites choses! Plein de petites choses! Osez!

Sur les réseaux sociaux, les gens me parlent souvent de petites choses quand il s’agit de jouer ou de séduire leur bien-aimé(e).

Un monsieur m’a expliqué que pour dire à sa femme qu’il l’aime, il allume une bougie à la figue. Pour lui dire qu’il la désire, une bougie à un autre parfum. Et quand il fait un diner chez lui, il lui parle en allumant et éteignant les bougies!

C’est beau, non? Coût de la soirée : 3 bougies!

Comment essayer de parler d’amour autrement qu’avec des mots?… Voilà. C’est une grande question ça d’ailleurs (rires).

Un vieux couple m’a confié lire chacun une page du livre le soir, pour l’autre, à voix haute. Ils lisent et ils rigolent, les deux vieux (rires!)… Voilà, ça ne coûte pas cher et c’est formidable de mettre de la poésie dans notre vie!

On sait que vos parents, un couple auquel vous vouez une admiration sans borne, ont vécu de façon complètement libre et « vraie »… Est-ce que votre manière de percevoir le monde et l’amour, votre optimisme légendaire… Tout ça vient-il d’eux ?

Oui. Mais pas seulement d’eux… Les gens qu’ils avaient rassemblés autour d’eux étaient comme ça aussi. Ils vivaient comme ça et étaient très ambitieux! Tous consentaient à être des héros et des héroïnes. Mon père qui, lorsque j’avais 14 ans, me fait sauter dans l’avion pour rattraper le train de ma première amoureuse… c’est juste un exemple parmi tant d’autres… Ils étaient « vrais » et « vivants »! Disons qu’on ne s’ennuyait pas chez nous.

Votre mère, qui a quand même couru le risque de vivre avec quatre amants et un mari sous le même toit (Ma mère avait raison sorti en 2017) disait d’ailleurs que l’argent devait servir à l’amour et uniquement à ça…

Oui, absolument. L’argent doit servir à l’amour! Mes parents avaient raison! L’argent est moral… Ce qui est immoral c’est d’être économe en amour. Il y a un problème éthique!

Alexandre Jardin, avez-vous toujours réussi à être « vrai »?

Ah non! J’ai longtemps été tricheur (rires). Mais plus ça avance, moins ça m’intéresse. Et c’est étonnant comme le fait d’être « vrai » simplifie la vie…

Quand vous dites, dans une entrevue, que vous êtes « un père ou un mari normal »… Compte tenu de votre personnalité haute en couleur, « être normal » c’est quoi pour vous?

C’est être VIVANT! (je devrais mettre 10 points d’exclamation tant sa mine est réjouie quand il prononce ce mot!). C’est jouer, s’amuser! Ce qui est bizarre, c’est de sortir du jeu de la vie!

Depuis toujours, vos romans titillent. Ça vient toucher quoi, chez le lecteur, selon vous ?  

Le jeu, justement, la légèreté…Tout ce qui va avec Marivaux.

À quelle époque auriez-vous aimé vivre?

Je prends un bout de fin du Moyen-âge, avec l’amour courtois, un bout du 18e, un bout du 19e…

Avec quelle amoureuse?

…Disons que l’idée de faire craquer la princesse de Clèves me plaît beaucoup! (rires) « La princesse de Clèves », c’est quand même LE grand texte… l’émotion et la perfection stylistique absolue! C’est le texte sur la passion où il y a le moins d’adjectifs et le plus de densité! Cette fille-là brûle! Et moi, j’aime brûler! (rires)

Vous savez très bien distribuer de la joie et du bonheur aux autres, grâce à vos livres… Qu’est-ce qui vous, Alexandre Jardin, vous rend très heureux ?

Ce qui me rend très heureux, c’est quand je vois les autres décider de vivre!

Une petite anecdote : l’autre jour, au Salon du Livre de Rimouski, un vieux monsieur est arrivé vers moi avec un paquet de lettres d’autrefois. Ces lettres étaient celles qu’il avait envoyées à son épouse lorsqu’ils étaient de jeunes amoureux. Eh bien là, il avait décidé de les lui renvoyer! Une par une! Exactement comme il l’avait fait à l’époque! J’ai trouvé ça magnifique et j’ai bien vu qu’il repartait heureux (sourire)!

Alors peut-être a-t-il eu besoin d’une lecture pour faire réveiller quelque chose qui existait, mais il l’a fait! Ce monsieur est allé au bout! Il a été vivant!… Quelle sensation extraordinaire…

Comme tout le monde, j’imagine que vous avez des petits soucis. Comment les gérez-vous?

Je les dis. Tout simplement. Les gros soucis aussi et même les très gros (rires). De toute façon, on n’aura pas moins d’emmerdes, hein! Le parti pris de la légèreté… toujours!

Qu’est-ce que vous auriez fait si vous n’aviez pas été écrivain?

Je ne sais pas…

Vous n’y avez même jamais pensé ?

Non… Je ne sais pas ce que j’aurais fait d’autre, mais en tout cas je me serais arrangé pour trouver un métier qui rend les autres vivants – et il y en a plein! –.

Parce que c’est vraiment mon grand plaisir que les gens recommencent à être les créateurs de leur vie! J’adore vraiment ça (sourire).

Lorsque vous avez commencé à écrire, imaginiez-vous que vos romans allaient, comment dire, désorganiser des vies… et avoir un impact si important sur le cœur des gens?

De manière très consciente, dès le départ, je savais que la seule littérature qui m’enflammait était la littérature qui invite à vivre plus… d’inspiration grecque. J’ai passionnément aimé tôt les auteurs grecs, alors que la littérature qu’on m’enseignait à l’école était principalement de la littérature de chevalet. Les auteurs plantaient le chevalet et peignaient pour montrer ou pour dénoncer! Madame Bovary, par exemple, c’est une peinture parfaite, mais qui n’invite à rien! Madame Bovary n’a jamais fait changer la vie de personne, par exemple.

Ce sont des littératures qui n’obéissent pas du tout à la même logique profonde… Chez les Grecs, on allait au théâtre pour vivre plus… pour être confronté à une part de soi… Et moi, c’est ça qui me passionnait dans l’inspiration grecque…

Vous êtes d’accord pour dire qu’il y a des pays ou des régions dans le monde qui sont plus prédisposées à « être vrai » et à « oser vivre plus » — pour rester dans le thème de Double-cœurs —?

Ah oui, tout à fait! Ici, par exemple, on est dans une vraie réserve de Double-cœurs! Le peuple québécois est un peuple joueur! Les gens sont alignés, concentrés et ils embrayent tout de suite. C’est formidable!

D’ailleurs, vous avez énormément de succès auprès des lecteurs québécois! Pouvez-vous nous dire deux mots sur votre lien avec le Québec ?

J’y viens depuis 30 ans, plusieurs fois par année. J’en ai besoin!

La première fois que je suis descendu de l’avion, j’ai tout de suite compris que les gens fonctionnaient comme moi, ici. Je me suis vite rendu compte que les Québécois avaient… une puissance de vérité (sourire)! Et ceci, quel que soit leur âge! Ce n’est absolument pas générationnel.

Il y a une telle joie dans cette province, j’en suis à chaque fois ahuri… Un jour, un bout de ma vie sera forcément ici. Parce que c’est une société miraculeuse! Avec ses problèmes, évidemment, mais comme partout… Entre votre vie politique et ce que vous êtes, il y a un océan (rires).

Alexandre Jardin, aujourd’hui, en 2018, qu’est-ce qui vous fait encore rêver et croire en de belles choses?

Tout ce qu’on ne voit pas dans la vie médiatique! J’ai l’impression que les mondes officiels sont en bout de course — et cela dans tous les pays — mais que les sociétés, en revanche, sont très vivantes et très audacieuses…

La puissance d’invention des gens me fait vibrer! La puissance de renouvellement de nos sociétés, aussi. Après, quand on allume la télé, on voit l’inverse, bien sûr, parce que la télé reflète le monde officiel… Mais l’époque est féconde (sourire) et je suis très optimiste!

Épingler

www.double-coeur.com

Double-Coeur, le peuple de l’amour fou — nouveau roman

Épingler

En 1947 parut à Buenos Aires un petit livre Double Cœur dans l’indifférence générale. Cet ouvrage au destin prodigieux appelait à créer une communauté d’adeptes de la tendresse, désireux de vivre un chef-d’œuvre amoureux permanent.

Par la grâce des réseaux sociaux, ce texte a donné naissance à une véritable confrérie, un univers secret et concurrent du monde où l’amour-aventure, la pleine conscience et le sexe sont enfin à la place qui leur est due. D’une douceur folle, ces emballés désirent une passion perpétuelle.
Impossible, me direz-vous ? Eux croient que les ronds carrés existent. Ils s’autorisent l’extravagance, la fantaisie et le merveilleux. S’est ainsi constitué clandestinement une sorte de peuple de l’amour fou.

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