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Livre : Les 21 vérités cachées sur la marijuana

Le Docteur Antoine Kanamugire, psychiatre consultant en clinique externe, aux urgences ainsi qu’au sein d’équipes d’intervention en santé mentale vient tout juste de sortir Les 21 vérités cachées sur la Marijuana.

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Destiné à un large public, l’ouvrage traite des risques liés à la consommation de marijuana – cannabis, pot, chanvre, joint, weed, hash- il existe plus de 1000 appellations pour la nommer! – cette drogue banalisée et supposément inoffensive.

À noter que l’auteur ne porte ici aucun jugement. Son but est plutôt de sensibiliser les gens, notamment les jeunes, sur la consommation de cette drogue et sur l’effet qu’elle peut provoquer sur le cerveau… pour que le choix de chacun, quel qu’il soit, puisse être éclairé.

Rappelons qu’à compter du 17 octobre prochain, l’usage récréatif du cannabis deviendra légal au Canada.

Notes utiles : il ne faut pas confondre le cannabis médical ou thérapeutique et le cannabis récréactif

L’usage médical du cannabis est déjà légal au Canada depuis plusieurs années et des études ont prouvé qu’il pouvait être efficace dans le traitement de certaines maladies. On ne consomme pas de cannabis médical pour être «high», contrairement au cannabis récréatif, dont on parle ici.

Rencontre avec l’auteur

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Docteur Kanamugire, pour qui et pourquoi avez-vous eu envie d’écrire Les 21 Vérités Cachées sur la Marijuana? 

Un peu pour tout le monde. C’est un livre écrit en termes simples et facile à lire. J’avais envie de partager des choses que je connais. D’informer les gens. J’ai beaucoup pensé aux ados en l’écrivant… en espérant qu’ils puissent trouver des réponses aux questions qu’ils se posent. J’ai pensé aux profs aussi… Certaines de mes connaissances m’ont dit avoir laissé traîner le bouquin dans leur salon, et leur adolescent, l’air de rien, l’a feuilleté. C’est très bien! Un jeune qui serait tenté par la consommation de cannabis et qui tomberait sur ce livre pourrait tout à fait se faire une idée de ce que ça représente, «consommer». Et il ferait alors un choix éclairé.

Le cannabis est la drogue illicite la plus consommée par les adolescents et les jeunes adultes, partout dans le monde.  Vous dites qu’elle est de 2 à 3x plus fréquente chez les jeunes de 15 à 24 ans que chez les adultes.  Et qu’un ado sur 6 deviendra dépendant s’il essaie le cannabis. Des chiffres plutôt alarmants…

En effet. Il faut savoir que le cerveau n’a pas fini de se développer avant l’âge de 25 ans, voire parfois même de 30 ans! Alors pour des adolescents qui sont encore en plein développement, le fait de consommer du cannabis n’est pas quelque chose d’anodin.

À votre avis, les jeunes sont-ils mal informés? 

Disons qu’il y en a beaucoup qui pensent que le danger n’existe pas. Parce que c’est ça qu’ils entendent depuis toujours! C’est ça qu’ils lisent sur les réseaux sociaux ou sur les forums! C’est ça qu’ils entendent sur YouTube. «Moi j’en consomme depuis 30 ans, je n’ai jamais eu de problème, tout va bien»… Les jeunes écoutent ça et y croient fermement! Puis un jour, ils se retrouvent aux urgences, en psychose…

Qu’en est-il des états (aux États-Unis) où le cannabis a été légalisé? 

Aucune étude jusqu’ici n’a démontré que le cannabis a des effets positifs sur la santé. Et ce qu’on peut dire, c’est que dans les états où il a été légalisé, il n’y a eu aucun bénéfice au niveau de la santé publique. Il y a, en revanche, un nombre croissant de jeunes admis aux urgences pour consommation.

Vous parliez du cerveau… Quelles sont les parties du cerveau les plus touchées lorsque l’on consomme?

Le cortex frontal, par exemple. C’est une partie du cerveau qui se développe seulement vers l’âge de 20 ans et qui est impliquée dans la concentration, la prise de décision et la planification. Le cannabis vient alors interférer avec le développement et peut y avoir des conséquences à long terme.

La partie qui gère les émotions, l’agressivité et l’émotivité peut être touchée aussi, et mettre le consommateur en crise de panique ou en trouble dépressif.

Comment réagissez-vous lorsqu’un jeune se présente en consultation?

En premier lieu, on va essayer de dresser son portrait. Faire le lien entre ce qui se passe dans sa vie et pourquoi, ET la consommation. Lui ne se rendra pas compte du lien entre sa consommation et son échec scolaire, par exemple. Il faut savoir que la consommation de cannabis enlève la motivation. Souvent, le jeune arrive chez nous déprimé, mais il ne souffre pas de dépression majeure, il souffre de démotivation due à la consommation!

Après un passage aux urgences, est-ce que les jeunes consommateurs sont ouverts à arrêter? 

Certains, oui! Surtout s’ils se retrouvent à avec des hallucinations, etc. Certains sont prêts à aller en thérapie, aussi.

Quel est le danger d’une consommation régulière? 

Si l’on consomme de la drogue à répétition, le cerveau s’habitue à l’effet de la dopamine (hormone du plaisir). Plus on en consomme, plus il nous faudra ensuite en consommer pour ressentir le même plaisir. Et plus la consommation en THC (tétrahydrocannabinol — principal composant psychoactif du cannabis — qui provoque, par la libération de la dopamine, la sensation de high/bien-être) est élevée, plus les risques sont élevés pour notre santé mentale…

Dans votre livre, on peut lire que le cannabis est la substance qui cause le plus de dépendance dans le monde, après l’alcool et le tabac. Quand risque-t-on de tomber en dépendance?

On sait que 50% des risques de dépendance sont associés au bagage génétique (avoir quelqu’un dans la famille qui est dépendant, drogue/alcool…). Mais il y a aussi des facteurs sociaux, biologiques, environnementaux, psychologiques qui entrent en ligne de compte. Si on se met à consommer pendant des périodes de détresse ou d’incertitude — difficultés au niveau familial, maladie, décès, difficultés financières, échec scolaire, abus… -, on risque de tomber en dépendance.

La drogue va temporairement soulager cette souffrance et le cerveau va alors capoter « wow, ça allège ma souffrance, ça me fait du bien sur le moment, ça calme mes angoisses! »… C’est sûr que dans ces périodes-là de fragilité, on aura tendance à consommer davantage. Et c’est dangereux.

Rappel: Si le cannabis a un impact sur le cerveau, peu importe l’âge, chez les moins de 25 ans, le cerveau sera davantage affecté par la consommation, puisque son développement n’est pas fini!

Avis de Mitsoumag : on adore la couverture du livre autant que son contenu, facile à lire. Les 21 vérités cachées sur la marijuana gagnerait à être distribué dans les écoles! Ce serait un excellent outil de travail élève/professeur… Il permettrait de débattre autour d’un thème dont nous n’avons décidément pas encore fini d’entendre parler!

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