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Père manquant, fille marquée: pourquoi je fais le 28 jours sans alcool

Février est le mois de l’amour, c’est aussi le mois du défi 28 jours sans alcool, un mouvement collectif invitant les gens à prendre conscience de la place que l’alcool occupe dans leur vie. Dans les prochains jours, vous entendrez des témoignages de toutes sortes vantant les avantages, pour le portefeuille et la santé entre autres, de ne pas consommer d’alcool. Moi, j’ai eu envie d’aborder le sujet sur un autre angle. Je veux vous parler des effets ravageurs que peut avoir une consommation excessive d’alcool dans la vie des autres. Voici pourquoi moi je fais le défi.

Père manquant

Je suis la fille d’un d’alcoolique. Mon père buvait beaucoup, souvent, presque tout le temps, mais rarement à la maison. Je ne saurais dire s’il buvait à l’extérieur pour nous éviter le spectacle de son ébriété ou s’il désirait tout simplement fuir ses responsabilités. Toujours est-il qu’il n’était que très peu présent au sens propre comme au sens figuré. Parce qu’un papa en lendemain de veille, même s’il est là physiquement, on s’entend, ce n’est pas le papa le plus amusant du monde.

L’alcoolisme de mon père a mené à des chicanes, des départs, des thérapies, des retours et des réconciliations. Puis finalement au divorce. J’avais 8 ans. Contrairement à d’autres enfants, j’ai vécu le divorce de mes parents comme une libération. Mon petit cœur d’enfant ne savait pas comment gérer les incertitudes liées au va-et-vient paternel, les promesses qu’il me faisait et les déceptions qui s’en suivaient. Il s’occuperait de nous une fin de semaine sur deux et le reste du temps, il ferait bien ce qu’il voudrait.

Ce qu’il voulait, il l’a bel et bien fait, mais pour le reste… Il y a bien eu quelques périodes espacées où il venait nous chercher régulièrement. Puis une fin de semaine, il ne venait pas. Nous l’attendions, sur le pas de la porte, jusqu’à ce que finalement ma mère exige que nous allions nous coucher. Il appelait parfois tard dans la soirée, saoul, pour donner à ma mère une excuse bidon. D’autre fois, l’absence pouvait durer de semaines, des mois. Puis il réapparaissait. Un coup de fil, une visite surprise. Puis il repartait. Un jour, il n’est plus revenu.

Fille marquée

Je ne sais pas à quel âge apparaissent généralement les premiers souvenirs, mais les miens datent de l’âge préscolaire. Ce sont des images claires, précises, désolantes. Je me souviens d’avoir ouvert la porte à mon père qui arrivait enfin avant que j’aille au lit et de l’avoir vu tomber sur le sol à mes pieds. Saoul mort comme on dit. Je me souviens que ma mère cachait des sous dans mon garde-robe pour être certaine que nous ayons à manger. Je me souviens d’une fois où il a coupé toutes les cartes dans le portefeuille de ma mère parce qu’elle refusait de lui donner l’argent de l’épicerie pour aller au bar. Je me souviens de tous ces matins où l’appartement était plongé dans le noir et où nous devions nous faire silencieux parce qu’il avait mal aux cheveux. Je me souviens de l’odeur des lendemains de veille qui encore aujourd’hui me cause un malaise. Je me souviens des promesses vides, des promesses d’ivrognes, qui bien évidemment n’ont jamais été tenues.

Plus que tout, je me souviens de l’état de la chambre qu’il habitait quand il est décédé. Cela faisait plus de 17 ans que je n’avais pas eu de contact avec lui lorsque je suis entrée dans cet endroit petit, sale, où vivait un homme qui n’était clairement plus que l’ombre de lui-même. L’alcool, bien sûr avait grandement altéré sa santé. Et ses relations aussi parce qu’il vivait seul et isolé, à un point tel qu’il a fallu trois jours avant qu’une voisine s’inquiète et qu’on constate son décès.

Ce jour-là, mes yeux d’adulte ont constaté à quel point l’alcool peut détruire une vie.

Un regard sur ma propre consommation

Le défi 28 jours sans alcool m’a incitée à évaluer ma propre consommation. Comme beaucoup de mamans, je suis une adepte du #vindredi. Un petite coupe en cuisinant, pour relaxer. Dure journée? Puisque je n’ai pas fini la bouteille du vendredi, une petite coupe en cuisinant pour relaxer… Est-ce problématique? Je ne crois pas. Je prends un verre et je ferme la bouteille. N’empêche que sans vraiment le réaliser, j’ai associé alcool et relâchement du stress. Que se passerait-il si un événement grave survenait? Tendrais-je la main vers la bouteille pour libérer la pression?

Je vais profiter des 28 prochains jours pour trouver différents moyens de me détendre. J’ai fait le plein de mes thés préférés. Quels sont les vôtres? Je les essaierai aussi. Ça fait 1000 ans que je veux commencer à méditer, je m’y mettrai peut-être enfin. Quelqu’un connait un truc pour méditer en faisant le souper? Je pourrais remplacer le «om» par «miam»…

Si vous avec envie vous aussi de faire le défi 28 jours sans alcool, vous trouverez tous les détails ici http://www.defi28jours.com.

On se reparle des impacts du défi dans 28 jours?
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