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Sauvage, baby: Un roman psychologique captivant de Patrice Godin

Patrice Godin fait clairement partie de la classe des «chouchous»: peu importe le projet auquel il participe, on le suit avec le plus grand intérêt!

Après avoir publié Territoires inconnus, un récit sur les ultramarathons, en 2015 ainsi que le roman Boxer la nuit en 2016, Patrice revient en force avec Sauvage, baby, un roman psychologique fort captivant. Dans cette troisième oeuvre, on fait la rencontre d’Alexia, une jeune femme trans qui vient de s’enfuir de chez son amant et souteneur, Frank. Elle est recueillie par Sam, un vétéran des Forces spéciales qui vit près d’un lac isolé dans la région du Mont-Orford. Peu à peu, on découvre la profondeur de leurs blessures.

Entre deux prises de District 31, lors d’une pause du tournage de la série à succès, j’ai eu le bonheur de jaser au téléphone avec l’acteur et écrivain à propos de son nouveau livre (et j’ai même fait un petit saut à son lancement, alors qu’il était en séance de signature au Archambault de Boucherville)!

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Patrice, tu es acteur, père de famille, tu fais de la course… Où prends-tu ton temps pour écrire?

Essentiellement, j’écris très tôt le matin! Mes grosses sessions d’écriture se font de 4h du matin à 6h30-7h, incluant les fins de semaine. Parfois, je prends le samedi ou dimanche off, mais en général, quand je suis vraiment dans l’écriture d’un roman, ce sont mes heures! Après ça, plus tard dans la journée, je prends souvent une heure ou deux dans l’après-midi pour aller travailler dans un café et je repasse à travers ce que j’ai écrit ou je continue ce que j’ai entrepris le matin. Habituellement, j’écris quand je suis dans une période plus calme de tournage… présentement, en étant sur District 31, je ne pourrais vraiment pas me mettre à écrire un roman (rires). Ce ne serait pas possible avec mon planning ultra chargé! Je pense à des idées par contre, je prends des notes, je suis toujours en train de penser à autre chose qui pourrait me servir plus tard.

Ton troisième livre s’appelle Sauvage, baby, pourquoi ce titre?

J’ouvre le livre avec la phrase «Le monde est sauvage» et je trouve que ça représente un peu notre air du temps! Le monde sauvage, ça peut être beau quand on pense à la nature, à être dans le bois, mais si on s’attarde aux rapports des humains entre eux, ça peut être brutal… que ce soit les hommes envers les femmes ou l’inverse, tout comme nos rapports face à la différence, ça porte à réfléchir. Sam, mon personnage principal masculin, est un ancien soldat des Forces spéciales et bien naturellement, il a vu ça de près, lui, les horreurs du monde, la sauvagerie des hommes! Et Alexia, elle, elle l’a vécu à travers son parcours, qui n’est pas évident, qui est très compliqué. Oui, le monde est sauvage, mais moi, je crois qu’à travers toutes les horreurs qu’on peut voir, entendre et lire, je pense qu’il y a de la lumière au bout du tunnel et qu’il faut y croire, la chercher à tout prix. Autant le monde peut être laid, autant c’est important de croire en la beauté!

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Tu nous présentes un roman psychologique, parfois direct ou cru. Si tu avais à le résumer en quelques phrases, qu’est-ce que tu dirais?

C’est l’histoire de deux personnes qui portent en elles des blessures immenses. Deux personnes qui viennent de deux univers complètement différents et qui ne seraient pas faites nécessairement pour se rencontrer, ni s’aimer. Puis, par la force des choses, elles en arrivent là. Il y a Sam, un ancien des Forces spéciales, que lui, par son essence-même, c’est un protecteur, un chien de berger; c’est quelqu’un qui va protéger, qui va sauver, qui va aller aux devants des coups pour éviter que les autres en reçoivent. Il a dédié sa vie à ça et c’est un peu sa malédiction dans la mesure où ça lui a fait perdre sa famille, et particulièrement sa fille, qui était ce qu’il avait de plus important dans sa vie. Maintenant, il se retrouve à la retraite, retiré des forces armées, sa fille est grande, il est un peu seul dans le monde et cherche sa place… Il y a aussi Alexia, qui n’a pas eu un parcours facile puisqu’elle est née dans le mauvais corps, celui d’un garçon (Alexis)! Alexia a toujours eu à négocier avec la violence verbale et physique des autres à cause de sa différence, et en entreprenant sa transition, elle est tombée sur la mauvaise personne, qui a profité d’elle et de ses faiblesses: elle l’a aidée à devenir qui elle souhaitait être, mais c’est comme si elle avait signé un pacte avec le diable. Pour moi, Alexia, ce n’est pas quelqu’un qui est faible, fragile, c’est quelqu’un qui est blessé, qui est brisé… elle a une force en elle d’avoir tenu le coup, d’être restée là, de ne pas être allée vers le suicide, même si elle y a pensé plusieurs fois.

Elle veut reprendre sa liberté, finalement!

Oui, c’est ça! Alexia, tout ce qu’elle demande, c’est de vivre… et de vivre sa vie. D’être libre et acceptée pour qui elle est… Je ne veux pas vendre le punch non plus (rires)! Je voulais qu’elle s’en sorte, que ce soit possible, parce que j’y crois, que c’est possible. Et c’est ça la ligne conductrice de l’histoire!

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Avec le personnage d’Alexia, tu abordes un sujet qui est encore tabou dans notre société: le parcours d’une jeune femme transgenre qui naît dans le mauvais corps! On comprend à l’aide de flashbacks tout ce par quoi elle est passée, ce qu’elle a dû endurer qui l’a faite bifurquer vers la prostitution, et comment elle a essayé tant bien que mal de concilier Alexia et Alexis.

En fait, j’ai combiné deux histoires dans ce roman-là. J’avais d’un côté une histoire qui mettait en scène Sam et de l’autre côté, j’avais une histoire avec Alexia qui était en fait à la base l’histoire d’un père et de son fils, Alexis, qui lui apprend qu’il est Alexia, à 14-15 ans. J’ai travaillé beaucoup sur cette histoire-là, ça n’a pas abouti parce que je ne trouvais pas le bon angle… Quand j’ai eu l’idée de combiner les histoires de Sam et d’Alexia, je trouvais ça intéressant d’avoir d’un côté un mâle ultra alpha, et de l’autre, ce personnage d’Alexia avec toute sa fragilité et tout ce qu’implique sa quête d’identité et de genre. Dans la vie de tous les jours, je ne connais pas personnellement de personnes transsexuelles, donc j’ai dû faire des recherches sur le sujet et j’ai essayé du mieux que je peux de rendre toute la beauté, mais aussi toute la détresse, que ces gens peuvent vivre au quotidien. Maintenant, je pense que c’est beaucoup plus accepté qu’avant, mais il y a encore beaucoup de travail à faire! Je pense que les gens ont peur de l’inconnu, de la différence, et vont rejeter les trans. Moi, j’ai de la difficulté avec ça, comme être humain… Je me dis: «Voyons, ce sont des êtres humains comme vous et moi… pourquoi?»

J’avais vu un reportage à Radio-Canada où il y avait une femme trans, très belle, que je trouvais magnifique, avec un hétéro, et ils posaient la question: «Est-ce que ce serait possible, vous deux?» L’hétéro stressait au boutte… et moi, je me disais: «Voyons donc… c’est une femme!!!». Je regardais ça avec ma blonde et je n’en croyais pas mes yeux. Oui, peut-être qu’il y a un questionnement, mais pas au point de dire «Non, je ne veux rien savoir. Va-t-en!». Moi, ce que je voyais dans le reportage, c’était une femme, une très belle femme! C’est pareil pour mon personnage Sam: Alexia, il la voit telle qu’elle est! Il se dit: «ce que tu étais avant, ça ne me concerne pas. C’est toi qui es là devant moi, présentement… La personne que tu es présentement, je l’aime!» Sam, c’est quelqu’un qui en a vu d’autre, il a fait la guerre, il n’a plus de temps à perdre… Il sait assez rapidement qu’Alexia l’intéresse! Si on pense à ça, moi, j’ai ma blonde, j’ai mes enfants et ma famille… mais, je me dis que si j’avais rencontré une Alexia à un autre moment de ma vie et que je l’avais trouvée belle, intéressante et intelligente… eh bien, je ne pense pas que je me serais posé dix mille questions!

Il faudrait que plus de gens pensent comme toi (rires)!

Écoute, je ne l’ai jamais vécu, mais pour moi… Ce que j’ai écrit, à 50 ans, je l’assume, dans la mesure où cette histoire-là, j’y crois. Je crois que c’est possible et je sais qu’il y a des gens qui le vivent!

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Sam cherche un sens à sa vie après avoir vécu les horreurs de la guerre. La dimension du père absent à cause de son travail est aussi très présente dans Sauvage, baby et ça va jouer sur le mental de l’homme!

Tu ne peux pas faire ces métiers-là à moitié! Quand il était jeune, il voulait être commando, il voulait se battre et sauver le monde. Et il l’a fait! À un moment donné, sa femme lui a donné le choix… et il a dit: «C’est moi, c’est ma job, je dois y aller… c’est moi, je suis comme ça!» Il aimait plus que tout sa femme et sa fille, mais c’était plus fort que lui, d’aller combattre. Avec le recul, il se demande comment aurait été sa vie s’il n’avait pas fait ce choix-là, si sa femme n’avait pas décidé de le quitter, éloignant sa fille du même coup. Je ne voulais pas en faire quelqu’un qui a du regret, mais c’est sûr que s’il a un regret dans sa vie, c’est bien ça… de ne pas avoir vu sa fille grandir. Moi, je le sais, je suis un papa, j’ai trois enfants, je suis super présent à la maison: j’ai vu mes filles grandir, à tous les âges, j’étais vraiment présent. Ma grande est rendue à 16 ans, ma deuxième a 14 ans et ma petite a 9 ans! C’est en un claquement de doigts que ça s’est passé! Je regarde ma grande fille de 16 ans et j’ai du mal à croire que 16 ans ont passé et que je la tenais dans mes bras il n’y a pas si longtemps déjà… et j’ai toujours été là avec elle. Alors j’imagine un père qui aime son enfant, mais qui n’a pas été là… à un moment donné, ça frappe, ça donne un méchant coup de réaliser qu’on a manqué tout ça. Je ne voulais pas aller non plus dans le syndrome post-traumatique, parce que dans mon précédent roman, Boxer la nuit, mon boxeur avait ça, lui, ce syndrome-là. Alors je ne voulais pas mettre cette facette-là trop de l’avant dans le cas de Sam. C’est vraiment le sentiment d’avoir raté sa vie de père qui le préoccupe.

Un peu comme dans ton livre Boxer la nuit, les deux personnages principaux que tout sépare vont réapprendre à vivre et à aimer!

Écoute… Oui! J’aime les personnages qui sont blessés, qui sont brisés, qui ont des fissures, qui ont des cassures intérieures, des gens qui tombent en autant qu’ils se relèvent. Ces personnes-là m’intéressent, celles qui n’abandonnent pas, qui s’accrochent… Je pense que, oui, un moment donné, on va rencontrer des gens qui nous font du bien, qui vont nous amener ailleurs. Je vais voir un peu ce qui va se passer avec le livre, mais dans ma tête, je suis déjà en train de penser à poursuivre une histoire de Sam et Alexia et aussi de son frère et de Rose, la combattante. Pas de faire une suite, mais une continuité à ça… Peut-être amener ça dans une ambiance plus suspense, policière. Je pense à ça en courant et j’essaie de voir si c’est possible. Mais oui, il y a des similitudes dans la trame de base avec Boxer la nuit… ce sont des gens qui sont blessés, qui ont vécu des choses, qui se retrouvent et qui se rebâtissent ensemble.

J’espère que les gens vont apprécier Sauvage, baby, j’ai bien hâte qu’ils me donnent du feedback! J’ai travaillé fort et j’ai eu beaucoup de plaisir à l’écrire et j’espère que les gens en auront tout autant à le lire et à fréquenter ces personnages-là!

Josélito Michaud, sa conjointe et sa fille sont allés se procurer le nouveau livre de l’auteur

Qu’est-ce qui s’en vient pour toi?

District 31, c’est quand même prenant: minimum 4 jours par semaine de tournage. Les fins de semaine, je tourne la saison 2 de Jenny, une émission jeunesse avec Émilie Bierre, qui est à UnisTV! J’essaie d’aller courir quand j’ai le temps… là, c’est très tôt le matin (rires)! Après ça, j’apprends mes textes… c’est pas mal ça, mon automne! Je vais sûrement aussi aller au Salon du Livre de Montréal en novembre prochain.

Et comment vis-tu la folie de District 31?

C’est le fun! On joue dans un show dans lequel j’ai beaucoup de plaisir à travailler, qui fonctionne à plein tube, alors c’est beaucoup de bonheur! La gang est merveilleuse. J’ai des amis qui travaillent sur l’émission et je connaissais pas mal tout le monde, alors je suis vraiment très très très heureux de me retrouver avec eux et j’espère rester pour un petit bout.

Sauvage, baby, qui paraît chez les Éditions Libre Expression, est disponible dès maintenant sur le web (24,95$) et en librairie.

 

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Psssst! Ne manquez pas Patrice dans la nouvelle saison de Ruptures!

Crédit photo: Karine Paradis
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