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Alexandre Champagne fait une annonce touchante

Le photographe Alexandre Champagne qui lançait hier son livre L’art de réussir toutes ses photos avec son téléphone cellulaire m’a touchée droit au cœur avec ce selfie pris devant une succursale de Renaud-Bray qui a une signification bien particulière pour lui.

Le rituel d’Alex

En lisant sa publication Facebook, on apprend que chaque fois qu’il sort un livre, Alex va en acheter un exemplaire au Renaud-Bray de la rue Saint-Denis. Pourquoi à cet endroit? Parce que son grand-père Raymond, ne voulant pas être un fardeau pour sa famille, y a quêté à l’insu de tous les 4 dernières années de sa vie. Alex l’a appris par pur hasard en allant faire un achat à la librairie.

« Mon livre est sorti aujourd’hui. Comme à toutes les fois que j’ai sorti un livre, je suis venu en acheter un, le soir, au Renaud-Bray sur Saint-Denis, à Montréal. Voici pourquoi.

Durant les 4 dernières années de sa vie, mon grand-père se postait ici-même, dans sa chaise roulante, pour quêter de l’argent. Personne le savait.

Raymond avait 13 frères et sœurs, issus d’une mère autochtone et d’un père alcoolique violent qui la battait sans relâche. Ils étaient si pauvre que les garçons volaient pour manger. Il a été littéralement abandonné par ceux-ci et a mené une dure vie. Il a remédié lui-même à ses problèmes de consommation une fois qu’il a eu des enfants, ma mère et mon oncle, avec ma grand-mère, Gilberte.

Gilberte a eu deux sœurs, toutes deux diagnostiquées schizophrènes. L’une d’elle a tenté de tuer sa propre fille, laquelle était le fruit d’un viol par le médecin du village, avant de se suicider. L’autre est décédée du cancer, seule dans un hôpital psychiatrique.

Gilberte et Raymond ont été chanceux que la vie leur donne la force de traverser autant d’épreuves et ils ont été courageux de tenir bon jusqu’à leur décès.

Ils ont eu recours à l’assistance sociale (le BS) pour se sortir de la misère à un certain moment de leur vie. Ils ont dû sacrifier beaucoup pour que ma mère et mon oncle n’aient jamais à vivre comme ils avaient dû le faire. Ils n’ont jamais bronché et ne se sont jamais plaint.

Parce que la vie a donné la force à mon grand-père de lâcher l’alcool, parce que la vie a permis à ma grand-mère d’être saine d’esprit, parce que le médecin du village l’a épargnée, parce qu’ils ont serré leur ceinture jusqu’à presque s’étouffer, j’ai pu avoir la chance d’avoir une vie très facile et de devenir millionnaire à 30 ans, grâce entre autres au fait que j’ai vendu plusieurs livres ici, deux générations plus tard, à la librairie où mon grand-père demandait dans un secret total de l’argent à des étrangers, pour ne pas avoir à être un fardeau pour sa famille, à 73 ans.

Je ne crois pas aux self-made men et bien sûr, j’ai mis des heures dans mon travail, mais majoritairement, cette fortune est une chance inouïe et inespérée, que je partage aujourd’hui au mieux de mes capacités non pas par charité, mais par solidarité.

Donc, pour toutes ces raisons, je remettrai la totalité de mes droits d’auteurs sur les 5000 premiers livres vendus à la Fondation Jean Lapointe, en l’honneur de la sobriété de mon grand-père et des problèmes de jeu de ma mère, au nom de Raymond Desrochers et de Gilberte Laliberté.

Ils viennent de l’apprendre en même temps que vous. Ni mon éditeur, ni ma famille ni même mon amoureuse étaient au courant. Il ne s’agit pas d’un stunt publicitaire non plus. J’ai le pouvoir, grâce à ma santé, ma jeunesse, mon énergie et mes moyens, de partager mes privilèges. Désolé si ça vous énerve, mais ce n’est pas la dernière fois.

Merci Raymond, merci Gilberte. »

Le photographe au grand cœur

Dans la même publication, Alex nous apprend qu’il versera les profits des 5000 premiers livres vendus à la Fondation Jean Lapointe en l’honneur de son grand-père qui a réussi à combattre sa dépendance à l’alcool et a travaillé fort pour faire vivre les siens. Renaud-Bray ayant annoncé qu’elle doublerait la mise, ce sera autour de 23 000$ qui seront remis à la fondation. Mais ce n’est pas tout! Il y a 8 mois, au moment d’ouvrir son studio Champagne Studio, il a invité les gens vivant sur l’aide sociale, étant sur le chômage ou souffrant de dépendance à lui faire des demandes. Il souhaitait leur offrir des photos de famille, quelque chose qu’ils ne peuvent pas nécessairement se permettre dans leur situation.

« Mon grand-père et ma grand-mère n’ont aucune photo de famille avec leurs enfants parce qu’ils étaient trop pauvres pour se le permettre. Quand tu es dans une situation de difficulté financière, tu as d’autres souci que d’être pris en photo avec tes enfants. Je trouve ça important pour les gens qui sont en situation précaire d’avoir des souvenirs de leur union, de leur unicité et de leur complicité ensemble pendant les années difficiles parce qu’après cela, quand ça passe pour certaines personnes, c’est intéressant de se dire ‘regarde, on n’avait pas grand-chose, mais on était là l’un pour l’autre. »

L’art de faire des photos avec son téléphone cellulaire

Et le livre lui? Il est hyper intéressant puisque le photographe y donne plein de trucs (quand il fait des photos de bouffe par exemple, il a toujours de la monnaie avec lui pour mettre les objets au niveau), nous parle de ses applis préférées pour retoucher les photos, etc. le tout avec le ton humoristique qu’on lui connait.

Puisque l’on fait tous aujourd’hui des photos avec nos téléphone, on court se l’acheter chez Renaud-Bray pour contribuer un peu nous aussi à la bonne action.

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